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Barbe et hygiène : les microbes rendent-ils la barbe vraiment sale ?

Homme se rasant avec mousse au visage devant un miroir affichant des microbes virtuels.
Dans cet article
  1. Pourquoi les microbes se développent dans la barbe
  2. Barbe et risque d’infection : des résultats contrastés
  3. Pourquoi une bonne hygiène de la barbe est importante

Depuis longtemps, la barbe suscite la méfiance : jugée élégante par certains, elle paraît peu hygiénique à d’autres. Mais est-elle réellement sale ?

La peau humaine héberge des milliards de micro-organismes, principalement des bactéries, mais aussi des champignons et des virus. Les poils du visage leur offrent un milieu particulier où ils peuvent se développer.

Les recherches montrent que la barbe abrite notamment une population microbienne dense et variée, alimentant la croyance persistante selon laquelle elle serait sale par nature. Le Washington Post a récemment rapporté que certaines toilettes contiendraient moins de microbes qu’une barbe moyenne.

La barbe représente-t-elle pour autant un risque pour l’hygiène ? Un examen plus attentif des données apporte une réponse nuancée.

Pourquoi les microbes se développent dans la barbe

La population microbienne présente sur la peau diffère selon les zones du corps. Elle dépend notamment de la température, du pH, de l’humidité et des nutriments disponibles. La barbe forme un milieu chaud, souvent humide, dans lequel peuvent s’accumuler des débris alimentaires et des corps gras : des conditions idéales pour la prolifération des microbes.

Ces derniers ne prospèrent pas uniquement grâce à la chaleur et à l’humidité. La barbe est aussi constamment exposée à de nouveaux contaminants et micro-organismes, notamment par l’intermédiaire des mains, qui touchent fréquemment des surfaces puis le visage.

Barbe et risque d’infection : des résultats contrastés

Les scientifiques s’interrogent sur l’hygiène de la barbe depuis plus de 50 ans. Les premières études ont montré que les poils du visage pouvaient retenir des bactéries et leurs toxines même après lavage. De là est née l’idée durable que la barbe constitue un réservoir de bactéries susceptible de transmettre des infections à autrui.

La barbe des professionnels de santé est ainsi devenue un sujet de controverse, en particulier à l’hôpital, où la transmission d’agents pathogènes préoccupe. Les recherches menées en milieu hospitalier donnent toutefois des résultats contrastés. Une étude a constaté une charge bactérienne plus élevée sur le visage des soignants barbus que sur celui de leurs collègues rasés de près.

Une autre enquête cherchait à déterminer s’il serait hygiénique d’examiner des chiens et des humains dans le même appareil d’IRM. Elle a révélé que la plupart des barbes masculines contenaient nettement plus de microbes que le pelage des chiens, notamment davantage de bactéries nocives. Les chercheurs ont conclu : « Les chiens ne présentent aucun risque pour les humains s’ils utilisent le même appareil d’IRM. »

D’autres travaux ont néanmoins remis en question l’idée que la barbe augmente le risque d’infection. Une étude n’a, par exemple, relevé aucune différence significative de colonisation bactérienne entre les soignants barbus et ceux rasés de près.

Cette même étude a également indiqué que les médecins barbus étaient moins susceptibles d’être porteurs de Staphylococcus aureus, une cause majeure d’infections hospitalières. Elle n’a pas non plus observé de hausse du taux d’infection chez les patients opérés par des chirurgiens barbus portant un masque chirurgical.

La barbe peut parfois contribuer à la propagation d’infections cutanées, comme l’impétigo, une éruption contagieuse souvent causée par S. aureus, une bactérie couramment présente dans les poils du visage.

Dans de rares cas, des parasites comme les morpions, qui vivent habituellement dans la région de l’aine, peuvent aussi se retrouver dans la barbe, les sourcils ou les cils, notamment en cas de mauvaise hygiène ou de contact étroit avec une personne infestée.

Pourquoi une bonne hygiène de la barbe est importante

Une barbe négligée peut favoriser les irritations, les inflammations et les infections. La peau située dessous, riche en vaisseaux sanguins, en terminaisons nerveuses et en cellules immunitaires, est très sensible aux agressions microbiennes et environnementales. Lorsque le sébum, les peaux mortes, les débris alimentaires et les polluants s’y accumulent, ils peuvent irriter la peau et nourrir la prolifération des champignons et des bactéries.

Les spécialistes recommandent vivement de laver chaque jour sa barbe et son visage. Ce geste élimine les saletés, les corps gras, les allergènes et les peaux mortes, ce qui aide à limiter l’accumulation de microbes.

Les dermatologues conseillent également d’hydrater la peau pour éviter son dessèchement, de peigner la barbe afin d’en retirer les débris et de la tailler pour maîtriser les poils qui dépassent et limiter leur chute. Ces gestes contribuent à l’hygiène, mais aussi à la santé et à l’apparence de la barbe.

La barbe est-elle donc sale ? Comme souvent, tout dépend du soin qu’on lui apporte. Avec une hygiène quotidienne et un entretien adapté, elle présente peu de risques et pourrait même être plus saine qu’on ne le pensait autrefois.

Primrose Freestone, maîtresse de conférences en microbiologie clinique, université de Leicester

Cet article est republié depuis The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Élodie Martin

Élodie Martin est coiffeuse-visagiste et conseillère en image, spécialisée dans les tendances capillaires, la coloration et les soins adaptés à chaque type de cheveu. Passionnée par l’univers de Tendance Coiffure Sarlat, elle partage son expertise sur les coupes actuelles, les techniques professionnelles et les inspirations beauté locales.

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