Aller au contenu
Actualités

Chute de cheveux : un gel au désoxyribose prometteur chez la souris

Femme coupant ses pointes abîmées avec des ciseaux près d'un pot de gel coiffant dans la salle de bain.
Dans cet article
  1. De la cicatrisation à la recherche sur la repousse des cheveux
  2. Un essai sur des souris atteintes de chute de poils hormonale
  3. Quel mécanisme pourrait expliquer cet effet ?
  4. Pourquoi la chute des cheveux est difficile à traiter
  5. Dans quels cas le gel au sucre pourrait-il aider ?
  6. Quelles sont les prochaines étapes ?
  7. Ce que les personnes concernées peuvent faire dès maintenant
  8. Pourquoi un sucre « simple » suscite autant d’intérêt

Des scientifiques britanniques et pakistanais ont découvert cet effet par hasard alors qu’ils étudiaient la cicatrisation. Des millions de personnes touchées par une chute de cheveux héréditaire espèrent désormais voir apparaître un traitement simple : un gel à base d’un sucre « magique » qui, chez l’animal, rivalise avec des produits établis comme le minoxidil.

De la cicatrisation à la recherche sur la repousse des cheveux

Tout a commencé par une étude menée à l’Université de Sheffield, au Royaume-Uni, et à l’Université COMSATS d’Islamabad, au Pakistan. L’équipe s’intéressait au désoxyribose, un sucre présent dans toutes les cellules du corps et entrant dans la composition de l’ADN.

Les chercheurs voulaient d’abord déterminer si ce sucre pouvait améliorer la guérison des lésions cutanées. Ils ont appliqué sur de petites plaies de souris un gel contenant du désoxyribose. Un phénomène inattendu est alors apparu : autour des zones traitées, les poils repoussaient nettement plus vite que sur les parties non traitées.

Le sucre qui contribue à stabiliser notre information génétique semble pouvoir relancer les follicules pileux, du moins chez la souris.

Cette observation secondaire était suffisamment frappante pour inciter l’équipe à lancer une étude distincte sur la chute des cheveux.

Un essai sur des souris atteintes de chute de poils hormonale

Pour cette nouvelle étude, les scientifiques ont utilisé un modèle éprouvé : des souris mâles chez lesquelles la testostérone provoque une chute de poils caractéristique liée à une prédisposition génétique, comparable à l’alopécie androgénétique humaine.

Après avoir rasé le dos des animaux, ils ont appliqué chaque jour différents produits aux groupes constitués. Parmi eux figuraient un gel au désoxyribose et une solution de minoxidil, la substance active de produits connus comme Rogaine.

Les principales observations sur la repousse des poils

  • Repousse rapide : en une vingtaine de jours, les souris traitées avec le gel au sucre ont retrouvé nettement plus de poils que les zones témoins non traitées.
  • Poils épais et robustes : les poils étaient plus longs et paraissaient plus denses, tandis que les zones dépilées se recouvraient visiblement plus vite.
  • Résultats comparables à ceux du minoxidil : à l’analyse, le gel au désoxyribose a montré une efficacité similaire à celle du minoxidil, substance active de référence contre la chute des cheveux.
  • Peu de bénéfice supplémentaire avec l’association : combiner le gel au sucre et le minoxidil n’a pas donné de résultats nettement meilleurs que chacun des deux produits utilisé séparément.

Publiés en 2024 dans la revue scientifique « Frontiers in Pharmacology », ces résultats ont suscité un intérêt notable dans la recherche capillaire, non parce qu’ils promettaient un miracle, mais parce qu’ils reposaient sur un mécanisme biologique plausible.

Quel mécanisme pourrait expliquer cet effet ?

Le déroulement exact du phénomène dans les follicules pileux reste inconnu. Les premières analyses des échantillons de peau traitée apportent toutefois des indices. Au microscope, un constat ressortait : les zones ayant reçu le gel au désoxyribose présentaient davantage de vaisseaux sanguins et de cellules cutanées.

Il est donc très probable que la circulation sanguine augmente au niveau des racines des cheveux. C’est précisément là que se trouve la papille pilaire, qui fournit les nutriments au cheveu.

Plus la racine du cheveu est irriguée, plus le cheveu devient épais et plus sa phase de croissance se prolonge.

Ce principe est déjà connu avec le minoxidil, qui dilate les vaisseaux du cuir chevelu. Le désoxyribose pourrait produire un effet comparable par une autre voie, par exemple en stimulant les cellules pour qu’elles forment de nouveaux vaisseaux. Cela reste à confirmer, même si les données vont dans ce sens.

Pourquoi la chute des cheveux est difficile à traiter

La chute de cheveux héréditaire, appelée alopécie androgénétique en médecine, toucherait jusqu’à 40 % de la population mondiale selon les estimations. Les hommes sont nettement plus souvent concernés, mais de nombreuses femmes le sont aussi. Elle peut se manifester par un recul de la ligne frontale, des golfes dégarnis ou un éclaircissement au niveau de la raie.

Deux médicaments occupent actuellement une place centrale :

Traitement Effet Limites
Minoxidil Prolonge la phase de croissance et favorise la repousse des cheveux N’agit pas chez tout le monde ; des irritations du cuir chevelu et des résultats inégaux sont possibles
Finastéride Bloque la transformation de la testostérone et ralentit la chute des cheveux chez de nombreux hommes Risque d’effets indésirables sexuels et de variations de l’humeur ; non autorisé chez les femmes

Il existe aussi des solutions lourdes et coûteuses, comme les greffes de cheveux. Beaucoup de personnes concernées aimeraient donc disposer d’une alternative facile à utiliser et aussi bien tolérée que possible, sous forme de gel ou de spray.

Dans quels cas le gel au sucre pourrait-il aider ?

Si le désoxyribose se révélait efficace chez l’être humain, les chercheurs envisagent plusieurs utilisations possibles :

  • Chute de cheveux héréditaire : une option supplémentaire potentielle, notamment pour les patients qui ne tolèrent pas le minoxidil ou chez qui il n’a aucun effet.
  • Chute de cheveux après une chimiothérapie : une mesure de soutien destinée à accélérer la repousse une fois le traitement terminé.
  • Pelade : dans cette chute de cheveux auto-immune par plaques arrondies, une stimulation locale de la croissance pourrait être utile.

Il est encore impossible de dire sérieusement si ces applications sont réalistes. À ce jour, les seules données disponibles proviennent d’essais sur des souris mâles. Vérifier si les résultats se transposent à l’être humain constitue la prochaine étape décisive.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Les chercheurs eux-mêmes tempèrent les attentes excessives. Malgré l’aspect impressionnant des courbes et des photographies issues de l’expérimentation animale, ils parlent clairement de recherche fondamentale à un stade précoce.

D’autres expériences sont prévues, notamment sur des souris femelles et dans différentes configurations hormonales. Plusieurs questions devront être résolues avant toute utilisation chez l’être humain :

  • Quelle concentration de sucre peut-on employer sans irriter la peau ?
  • Combien de temps faut-il laisser agir le gel pour obtenir une croissance durable des cheveux ?
  • Une utilisation prolongée entraîne-t-elle des effets indésirables inattendus, comme une inflammation ou la formation de nodules ?
  • Les effets diffèrent-ils nettement entre les hommes et les femmes ?

Un programme clinique plus vaste ne pourrait commencer qu’après avoir éclairci ces points chez l’animal et dans les premières petites études réalisées chez l’être humain.

Ce que les personnes concernées peuvent faire dès maintenant

Pour celles et ceux qui comptent chaque matin les cheveux laissés sur leur oreiller, cette étude ne change pas encore le quotidien. Il ne faut pas pour autant appliquer du sucre pur sur son cuir chevelu ni expérimenter des gels préparés soi-même. Le désoxyribose est certes naturellement présent dans l’organisme, mais cela ne signifie pas que des doses élevées sur la peau sont forcément sans danger.

Une démarche structurée reste préférable :

  • Consulter rapidement une dermatologue ou un dermatologue, plutôt que d’attendre pendant des années.
  • Faire vérifier s’il s’agit bien d’une chute de cheveux héréditaire ou si une carence nutritionnelle, le stress ou un trouble de la thyroïde en est la cause.
  • Évaluer de façon réaliste les traitements existants, comme le minoxidil ou le finastéride, en tenant compte de leur efficacité et de leurs effets indésirables.
  • Pour les nouvelles substances actives, privilégier les études vérifiées et les autorisations de mise sur le marché plutôt que les tendances des réseaux sociaux.

Pourquoi un sucre « simple » suscite autant d’intérêt

L’intérêt du désoxyribose comme substance active ne se limite pas aux cheveux. Ce sucre est un constituant fondamental de l’ADN, connu de l’organisme depuis des millions d’années. Les chercheurs espèrent donc qu’une application locale sur la peau, en quantité modérée, présentera un profil de sécurité favorable.

Cette approche ouvre également une perspective plus large : si un élément courant du corps peut stimuler les vaisseaux et les cellules du follicule pileux, il peut être utile d’examiner de plus près d’autres molécules produites par l’organisme. La frontière entre « substance active » et « matériau de construction » devient ici moins nette.

En pratique, un gel au sucre efficace offrirait un autre avantage : il pourrait théoriquement être fabriqué sous une forme à application locale facile à utiliser, comparable à une crème légère ou à une mousse. Quiconque a déjà appliqué chaque jour sur son cuir chevelu des solutions collantes ou des teintures à l’odeur forte sait à quel point l’acceptation au quotidien peut déterminer le succès d’un traitement.

Il faudra probablement attendre encore plusieurs années et plusieurs générations d’études avant qu’un gel au désoxyribose trouve sa place sur l’étagère de la salle de bains. Les données publiées montrent surtout que la recherche sur la chute des cheveux est loin d’être terminée. Même un sucre « simple » peut susciter des espoirs lorsqu’on l’observe d’assez près.

Derniers articles

Élodie Martin

Élodie Martin est coiffeuse-visagiste et conseillère en image, spécialisée dans les tendances capillaires, la coloration et les soins adaptés à chaque type de cheveu. Passionnée par l’univers de Tendance Coiffure Sarlat, elle partage son expertise sur les coupes actuelles, les techniques professionnelles et les inspirations beauté locales.

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier!

Laisser un commentaire