Déjà incontournable dans les préparatifs des tapis rouges à Los Angeles, la méthode ÖWC gagne désormais les pays germanophones. Il ne s’agit pas d’un soin coûteux en salon, mais d’un ordre précis à respecter lors du lavage des cheveux. Un célèbre coiffeur hollywoodien la décrit comme une sorte de « manteau protecteur » contre le dessèchement causé par le shampoing. De premières études suggèrent que cette approche pourrait effectivement être pertinente.
Que signifie exactement la méthode ÖWC ?
ÖWC désigne la succession « huile – lavage – après-shampoing ». Le principe consiste à appliquer une huile capillaire sur les longueurs et les pointes avant même de mouiller les cheveux. Viennent ensuite le shampoing, puis un après-shampoing classique.
L’huile forme une zone tampon destinée à limiter la perte de protéines et d’hydratation des longueurs pendant le lavage.
Dans Vogue, le coiffeur hollywoodien qui présente cette routine ne la dépeint pas comme une solution miracle, mais plutôt comme une ceinture de sécurité pour les cheveux : avant d’utiliser du shampoing, mieux vaudrait protéger les longueurs que les exposer sans défense au mélange de tensioactifs.
Les recommandations dermatologiques vont dans un sens comparable. Depuis des années, les sociétés savantes conseillent d’appliquer le shampoing principalement sur le cuir chevelu et de ménager les longueurs. La méthode ÖWC reprend cette idée en y ajoutant une couche d’huile au préalable.
Pourquoi appliquer de l’huile avant le lavage ?
Les tendances venues des réseaux sociaux disparaissent souvent aussi vite qu’elles sont apparues. Pourtant, l’utilisation d’huile avant le lavage repose sur des données scientifiques, du moins pour certaines huiles. Une étude fréquemment citée sur PubMed a examiné la quantité de protéines, éléments constitutifs de la structure du cheveu, perdue lors du lavage.
Elle a montré que l’huile de coco pouvait réduire nettement cette perte sur les cheveux abîmés comme sur les cheveux intacts, qu’elle soit appliquée avant ou après le lavage. Dans cette même étude, l’huile de tournesol et l’huile minérale n’ont pas produit cet effet.
- Huile de coco : diminution mesurable de la perte de protéines.
- Huile de tournesol : aucun effet protecteur comparable.
- Huile minérale : pas de protection nette non plus.
Toutes les huiles ne conviennent donc pas automatiquement à la méthode ÖWC. Leur structure, leur composition et leur capacité à pénétrer dans la fibre capillaire varient considérablement. En choisissant un produit au hasard, on risque seulement de constater : « Mes cheveux sont gras », sans qu’ils soient pour autant mieux protégés.
Huile de coco : plus qu’une tendance des réseaux sociaux ?
L’huile de coco revient régulièrement dans les discussions des forums beauté consacrées aux soins avant shampoing. Ce n’est guère surprenant : l’étude évoquée met précisément cette huile en avant. Ses acides gras semblent bien pénétrer à l’intérieur du cheveu et y combler des espaces créés notamment par les colorations, la chaleur ou les frottements.
Une autre étude de longue durée, portant sur le microbiome du cuir chevelu - les micro-organismes qui y vivent -, suggère que l’huile de coco pourrait en stabiliser l’environnement. Sur 16 semaines, la composition du microbiome a évolué vers un profil « plus sain ».
L’huile de coco ne se substitue pas à un traitement médical, mais elle peut améliorer les conditions du cuir chevelu et donner aux cheveux une apparence un peu plus résistante.
Ces résultats ne promettent toutefois pas une « chevelure de rêve en un temps record ». Les personnes sujettes au cuir chevelu sec, aux démangeaisons ou aux longueurs cassantes pourraient néanmoins tirer profit de l’huile de coco intégrée à leur routine de soin.
À qui la méthode ÖWC convient-elle particulièrement ?
La méthode ÖWC ne présente pas les mêmes avantages pour tous les types de cheveux. Elle peut surtout être intéressante lorsque chaque lavage fragilise visiblement la chevelure.
Les types de cheveux qui peuvent en bénéficier
- Cheveux colorés ou décolorés.
- Longueurs sèches et cassantes.
- Cheveux très sujets aux frisottis.
- Cheveux bouclés ou ondulés qui se dessèchent rapidement.
- Cheveux fréquemment coiffés à chaud : lisseur, fer à boucler ou sèche-cheveux sans protection thermique.
Pour ces chevelures, chaque lavage représente une petite épreuve. Les tensioactifs du shampoing éliminent certes le sébum et les impuretés, mais ils peuvent aussi altérer la couche externe d’écailles. Appliquer une huile au préalable peut atténuer cet effet en partie.
Quand la méthode convient moins
La prudence s’impose en cas de cheveux extrêmement fins ou de cuir chevelu qui regraisse rapidement. Une quantité excessive d’huile risque d’aplatir les cheveux ou de pousser à utiliser ensuite un shampoing plus agressif, annulant ainsi l’effet recherché.
Un essai parcimonieux est recommandé dans les cas suivants :
- Cheveux très fins et raides, sans volume.
- Cuir chevelu qui devient rapidement gras.
- Tendance aux pellicules grasses.
Dans ces situations, une quantité infime d’huile suffit souvent, à appliquer uniquement sur les derniers centimètres des longueurs. Si l’on ressent ensuite le besoin de se laver les cheveux deux fois, c’est probablement qu’on en a trop mis.
La méthode ÖWC étape par étape
L’intérêt de cette routine tient à sa simplicité : aucune compétence particulière n’est nécessaire, mais il faut respecter l’ordre des étapes et bien choisir ses produits.
- Choisir l’huile : privilégier des huiles légères et bien tolérées, comme l’huile de coco, l’huile d’argan ou des huiles capillaires spécifiques sans silicones lourds.
- Adapter la quantité : pour des cheveux arrivant aux épaules, une demi-cuillère à café à une cuillère à café suffit généralement. Mieux vaut commencer avec une plus petite quantité.
- Appliquer : frotter l’huile entre les paumes, puis la répartir sur les longueurs et les pointes. Ne l’appliquer sur le cuir chevelu que s’il ne graisse pas rapidement.
- Laisser poser : quelques minutes suffisent au quotidien. Si l’on dispose de plus de temps, on peut prévoir 20 à 30 minutes, par exemple pendant la routine du soir.
- Laver : déposer le shampoing surtout sur le cuir chevelu, masser délicatement, puis rincer la mousse. Les longueurs sont nettoyées au passage.
- Appliquer l’après-shampoing : répartir ensuite un produit adapté uniquement sur les longueurs et les pointes, laisser agir brièvement, puis rincer soigneusement.
Avec la méthode ÖWC, moins signifie souvent mieux : la quantité d’huile détermine si les cheveux paraîtront souples et volumineux ou alourdis et séparés en mèches grasses.
Au bout de combien de temps les résultats apparaissent-ils ?
De nombreuses personnes qui pratiquent cette méthode rapportent, dès quatre semaines, une diminution perceptible des frisottis et des pointes plus souples. Cela correspond à ce que l’on peut attendre en théorie : si chaque lavage sollicite un peu moins les cheveux, les effets s’accumulent au fil des lavages.
Pour garder des attentes réalistes, il faut retenir que :
- Les longueurs très abîmées ne « guérissent » pas : elles paraissent simplement mieux entretenues.
- Les pointes cassées le restent ; à terme, seul un passage chez le coiffeur peut y remédier.
- Les résultats varient fortement selon le type de cheveux, la fréquence des lavages et les produits utilisés.
Une personne qui se lave déjà les cheveux tous les deux jours, utilise un sèche-cheveux à très haute température et se colore régulièrement les cheveux pourra ressentir un soulagement grâce à ÖWC, mais pas une transformation radicale du jour au lendemain. La différence sera nettement plus marquée si elle adopte aussi des gestes plus doux : moins de chaleur, davantage de protection thermique et un peigne à dents larges plutôt qu’une brosse sur cheveux mouillés.
Risques, erreurs et moyens d’éviter les problèmes
Appliquer de l’huile avant le lavage semble anodin, mais les excès peuvent poser problème. Les huiles trop épaisses ou trop riches ont tendance à s’accumuler et peuvent, après quelques semaines, rendre les cheveux lourds et ternes. Un nettoyage en profondeur avec un shampoing clarifiant sans huiles de soin ajoutées peut alors être utile.
Les personnes sujettes à des troubles du cuir chevelu, comme l’eczéma séborrhéique, devraient demander l’avis de leur dermatologue avant d’y appliquer de l’huile. Certains micro-organismes apprécient les milieux riches en matières grasses : trop d’huile peut donc avoir l’effet inverse de celui recherché.
Des allergies aux parfums ou aux extraits végétaux sont également possibles. Avant la première utilisation, un bref test cutané dans le pli du coude permet de réduire le risque de mauvaise surprise.
Des associations pratiques pour des cheveux plus sains à long terme
La méthode ÖWC donne le meilleur d’elle-même lorsqu’elle s’inscrit dans une routine cohérente, avec un shampoing adapté, un après-shampoing doux et une utilisation raisonnable de la chaleur.
De nombreux coiffeurs recommandent l’organisation suivante :
- Appliquer la méthode ÖWC à chaque lavage ou un lavage sur deux.
- Utiliser un masque capillaire léger à la place de l’après-shampoing 1 à 2 fois par semaine.
- Appliquer un spray thermoprotecteur avant le sèche-cheveux, le lisseur ou le fer à boucler.
- Tamponner les cheveux mouillés avec une serviette en microfibre ou un tee-shirt, sans les frotter.
La fréquence des lavages mérite elle aussi attention. Les études et les sociétés savantes soulignent qu’un cuir chevelu gras nécessite des lavages plus fréquents, tandis que des cheveux secs et très texturés peuvent rester plus longtemps sans shampoing. La méthode ÖWC permet d’adapter ce rythme à chacun, sans fragiliser inutilement les cheveux à chaque lavage.
Pour prendre davantage soin de sa chevelure, on peut aussi éviter les régimes draconiens pauvres en nutriments, qui affectent souvent directement le volume et la brillance. Une alimentation équilibrée apportant suffisamment de protéines, de fer, de zinc et de biotine soutient de l’intérieur l’action que la méthode ÖWC exerce de l’extérieur.






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